{"id":5089,"date":"2025-05-14T11:42:40","date_gmt":"2025-05-14T11:42:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.parya-vatankhah.com\/?page_id=5089"},"modified":"2025-05-14T11:56:13","modified_gmt":"2025-05-14T11:56:13","slug":"textes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.parya-vatankhah.com\/?page_id=5089","title":{"rendered":"Textes en fran\u00e7ais"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-c2151c45616aff238ab3099ef26080d6\"><strong>Pr\u00e9sentation de Parya Vatankhah pour le Prix AICA France de la critique d\u2019art, Paris 2023<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-red-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-d9bd4bf521e37275d853557d32631ea4\"><em><strong><a href=\"https:\/\/aicafrance.org\/retour-en-video-sur-le-prix-aica-2023-raphael-cuir\/\">La vid\u00e9o de la pr\u00e9sentation ici<\/a>,<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-844a4b123d9a85ac7fbea4b08e3cbe6d\" style=\"font-size:14px\">Parya Vatankhah, artiste iranienne vivant en France, se distingue par son engagement profond, son courage exemplaire et sa sensibilit\u00e9 \u00e0 fleur de peau. D\u00e9fendant ardemment la libert\u00e9 d\u2019expression, raison d\u2019\u00eatre de l\u2019AICA, son \u0153uvre porte largement sur les droits des femmes iraniennes, les violences qu\u2019elles subissent, et contre l\u2019oppression du peuple iranien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-93a776de011f7406428376f8b20db08d\" style=\"font-size:14px\">Parya Vatankhah a grandi sous la th\u00e9ocratie instaur\u00e9e apr\u00e8s la r\u00e9volution islamique de 1979. Pourtant, elle porte en elle l\u2019h\u00e9ritage d\u2019une culture persane transmise par ses parents, c\u00e9l\u00e9brant la joie de vivre, la musique, la danse et une riche tradition artistique. Ce contraste entre la libert\u00e9 artistique du pass\u00e9 et l\u2019oppression du pr\u00e9sent traverse son \u0153uvre, en r\u00e9sonance avec l\u2019histoire d\u2019un Iran profond\u00e9ment marqu\u00e9 par ses bouleversements politiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-cee074ae5396202df58fe4563ad721d6\" style=\"font-size:14px\">Le voile est au c\u0153ur de plusieurs \u0153uvres de l\u2019artiste, comme dans la vid\u00e9o Women must be beautiful, women must be hidden. Inspir\u00e9e par Marina Abramovic, cette \u0153uvre montre une femme r\u00e9ajustant nerveusement le voile qui l\u2019oppresse. \u00ab C e geste r\u00e9p\u00e9titif, dit l\u2019artiste, symbolise la souffrance et les privations endur\u00e9es depuis l\u2019\u00e2ge de sept ans \u00e0 cause du hijab impos\u00e9. \u00bb \u00c0 la Friche la Belle de Mai, l\u2019artiste pr\u00e9sente l\u2019\u0153uvre sous la forme d\u2019une projection vid\u00e9o au bout d&#8217;un couloir exigu. Ambiance carc\u00e9rale. Le spectateur doit franchir trois grands voiles noirs pour acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Il exp\u00e9rimente le sentiment d&#8217;\u00eatre entrav\u00e9 par le voile. Interdite en Iran, cette \u0153uvre rend d\u00e9sormais impossible le retour de l\u2019artiste dans son pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-3e39908619750b400a1928be03b4728a\" style=\"font-size:14px\">L\u2019enfermement est un th\u00e8me r\u00e9current dans l\u2019\u0153uvre de Parya Vatankhah. Si l\u2019exil a pr\u00e9serv\u00e9 sa libert\u00e9 de cr\u00e9ation, il ne l\u2019a pas lib\u00e9r\u00e9e de la sensation d\u2019\u00eatre enferm\u00e9e. Dans Passage, v\u00eatue de blanc \u2014 le deuil, l\u2019h\u00f4pital \u2014 l\u2019artiste lutte contre l\u2019exigu\u00eft\u00e9 de l\u2019espace, enti\u00e8rement blanc, o\u00f9 le corps ne peut se d\u00e9ployer, cherchant une position confortable introuvable\u2026 La bande sonore \u00e9voque un vide sid\u00e9ral et paradoxal, qui vient accro\u00eetre notre sentiment d\u2019oppression.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-d2a179c6ba7aa48a343e214fc78d4838\" style=\"font-size:14px\">Dans Circle (2016), une vid\u00e9o de 20 minutes, des images de tunnel sans fin se superposent \u00e0 celles d\u2019une femme tournant sur elle-m\u00eame comme un derviche. La bande sonore, compos\u00e9e de cuivres graves, ajoute un sentiment d\u2019angoisse et de d\u00e9sorientation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-13f818a5e865acb165dfdc5bf9352824\" style=\"font-size:14px\">Avec Distance (2018), l\u2019artiste explore le cauchemar r\u00e9current d\u2019un escalier sans issue, des portes closes et une course d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. La bande sonore, rythm\u00e9e par un essoufflement, renforce l\u2019oppression de cet enfermement m\u00e9taphorique. L\u2019artiste utilise \u00e9galement son corps comme support dans des performances comme Mon corps est \u00e0 moi, o\u00f9 elle \u00e9crit en persan sur sa propre peau des slogans affirmant la libert\u00e9 individuelle : \u00ab Mon corps est \u00e0 moi \u2013 Ton corps est \u00e0 toi \u2013 Son corps est \u00e0 lui. \u00bb Cette \u0153uvre fait \u00e9cho aux revendications f\u00e9ministes des ann\u00e9es 1970, appelant \u00e0 lib\u00e9rer le corps des femmes iraniennes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-a6b81f70ec415e67b71ecc213f1b1c50\" style=\"font-size:14px\">Dans Fragments of Pain, Parya Vatankhah cr\u00e9e un paysage d\u00e9sertique o\u00f9 repose le corps d\u2019une femme bless\u00e9e, presque une momie. C\u2019est le corps des Iraniennes meurtries par l\u2019oppression subie. Les bandages prot\u00e8gent et contraignent \u00e0 la fois ; des gazes ensanglant\u00e9es filtrent le regard. L\u2019objectif se concentre sur les fragments de corps, m\u00e9taphore d\u2019un pays malade. L\u2019artiste aborde \u00e9galement l\u2019injustice dans des \u0153uvres o\u00f9 elle se projette avec des menottes, une pancarte indiquant \u00ab Iranienne \u00bb autour du cou, d\u00e9non\u00e7ant les simulacres de proc\u00e8s et la purge des \u00e9lites par la R\u00e9publique islamique. Ces mises en sc\u00e8ne montrent comment tout Iranien devient justiciable sous ce r\u00e9gime.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-3914a074b811cf2d7bd7d6f09b0a0b44\" style=\"font-size:14px\">Avec Iran R\u00e9siste (2023), Parya Vatankhah honore les victimes des manifestations pour \u00ab Femme, Vie, Libert\u00e9 \u00bb. Elle projette les portraits des disparus et invite le public \u00e0 prononcer leurs noms et \u00e0 allumer des bougies en leur m\u00e9moire. Par cette performance, l\u2019artiste transforme la douleur en un cri collectif, engageant le spectateur dans une r\u00e9flexion sur la r\u00e9sistance et la m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-117aeef5e90afb934be0913ab88d9bc6\" style=\"font-size:14px\">L\u2019\u0153uvre de Parya Vatankhah se distingue non seulement par son engagement profond, mais aussi par sa force visuelle et esth\u00e9tique. Les \u00e9l\u00e9ments r\u00e9currents tels que le corps, utilis\u00e9 comme m\u00e9dium central, et le visage, souvent porteur d\u2019une intense expressivit\u00e9, conf\u00e8rent \u00e0 son travail une dimension \u00e0 la fois intime et sensible.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-710b771d7d45c01a458b9c1d78e4f26f\" style=\"font-size:14px\">L\u2019opposition entre le blanc et le rouge, omnipr\u00e9sente dans ses cr\u00e9ations, renforce le contraste entre la puret\u00e9 et la violence, le deuil et la r\u00e9sistance. Par l\u2019utilisation ing\u00e9nieuse de la lumi\u00e8re, des textures et des espaces immersifs, Parya Vatankhah d\u00e9passe les fronti\u00e8res de la repr\u00e9sentation pour inviter le spectateur \u00e0 ressentir physiquement et \u00e9motionnellement l\u2019oppression et l\u2019espoir. Son langage artistique, intense et charg\u00e9 de symboles, fait de son \u0153uvre une exp\u00e9rience visuelle et sensorielle profond\u00e9ment marquante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-f9813e34398c5e3ad78ece705ddbfcc0\" style=\"font-size:14px\"><strong>Raphael Cuir, critique et historien d\u2019art<\/strong>,<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentation de Parya Vatankhah pour le Prix AICA France de la critique d\u2019art, Paris 2023 La vid\u00e9o de la pr\u00e9sentation ici, Parya Vatankhah, artiste iranienne vivant en France, se distingue par son engagement profond, son courage exemplaire et sa sensibilit\u00e9 \u00e0 fleur de peau. 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